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01.09.2010

Les plantes énergétiques pour se chauffer

Miscanthus%201.jpgLa culture spécifique de plantes ayant un rendement énergétique important commence à se développer, timidement en France, mais à une plus grande échelle en Allemagne, en Grande Bretagne ou au Danemark. Leur broyat peut être utilisé à l’instar de plaquettes de bois et ils entrent également dans la composition de granulés spécifiques, les « agro-pellets ».

 

Les principales variétés sont le miscanthus, le switch grass ou le TTCR (taillis à très courte rotation).

 

Le miscanthus encore appelé « herbe à éléphants » ou « roseau de Chine », est une plante annuelle dont la hauteur va de 2,5 à 4 mètres, et dont la pousse se dispense de pesticide ou d’engrais. Outre son utilisation possible pour la combustion, ses fibres ont des propriétés intéressantes permettant d’en faire une matière première pour la pâte à papier ou pour produire des biocarburants. Il est encore peu développé en France et essentiellement promu par la société Bical qui commercialise les rhizomes et exploite les cultures. En Angleterre, son exploitation est moins anecdotique. On peut citer la centrale électrique Ely (appartenant à Energy Power Ressources Ltd), dont la source principale est la paille mêlée à du miscanthus à raison de 11 tonnes / jour. Une autre, Eccleshall Biomass, gérée par deux compagnies locales, fonctionne au miscanthus et aux chips de bois.

L’investissement réalisé par les agriculteurs est rentabilisé en une dizaine d’années.

 

switchgrass.jpgLe switchgrass est une céréale sauvage très répandue aux Etats-Unis, notamment dans les grandes prairies du Midwest. Elle peut atteindre 2 m de haut et peut prospérer sur des terres arides avec peu ou pas d’engrais. Grâce à un système racinaire très développé, elle protège également bien les sols contre l’érosion, on l’utilise souvent pour protéger les talus, les digues, les berges des cours d’eau et elle augmente la fertilité des sols. Autrefois considérée comme une mauvaise herbe, on l’envisage maintenant comme source potentielle d’agro-carburants et à ce titre susceptible de réduire la dépendance du pays au pétrole. Selon plusieurs études récentes, le switchgrass pourrait être une source intéressante pour la production de pâte à papier ou d’agro-carburants (éthanol).  En effet, son bilan énergétique est supérieur à celui du maïs.

 

Agglomérées dans des agro-pellets, ces plantes leur confèrent un pouvoir calorifique important. Afin d’abaisser leur taux de cendres, de la sciure de bois peut être ajoutée. En dehors des plantes énergétiques, les agro-pellets peuvent être composés de différents sous-produits de l’agriculture qui varient selon leur disponibilité dans l’environnement du fabricant. Il peu s’agir de céréales impropres à la consommation et de déchets de l’agriculture ou de la transformation tels que de la paille, des fanes, du son, des tourteaux de colza, etc.

 

Certains additifs non toxiques peuvent entrer dans leur composition. Des liants tels que la mélasse par exemple, ou réduisant la production de mâchefers comme la chaux utilisée en de très faibles proportions ou des produits permettant de neutraliser les acides lorsque la proportion de céréales est importante.

 

agropellets.jpgLe principal avantage des agro-pellets est leur facilité de stockage et de transport, mais ils doivent être stockés dans un local sec et aéré car ils sont sensibles à l’humidité, ce qui peut altérer leurs performances. Ils permettent aussi d’obtenir une combustion plus régulière et de meilleure qualité. Ils sont de plus compatibles avec la plupart des appareils fonctionnant aux pellets de bois, mais il faut s’informer auprès du fabricant sur les réglages nécessaires. Par ailleurs, en raison des problèmes de corrosion, les matériaux utilisés sont plus résistants, ce qui a un impact sur le prix du matériel.

 

Leurs inconvénients résident dans un taux de cendres supérieur à celui des pellets de bois et une production de mâchefers nécessitant de nettoyer régulièrement les appareils. Tout comme les céréales en grain, ils sont susceptibles d’émettre des fumées acides qui peuvent endommager les conduits. Selon leurs composants leur masse volumique est variable, alors qu’elle est quasi constante pour les pellets de bois. Enfin, leur pouvoir calorique se situant entre 4 200 et 4 700 kWh/t, elle est inférieure à celle des pellets de bois qui varie de 4 800 à 5 000 kWh/t.

 

 

 

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